Organisation, par le Maroc, de la 6ème édition de la conférence internationale PAGES “Learning from the past for a sustainable future” sur les changements climatiques : une consécration

Par : SAID FRIX / IENA-NEWS

 

Suite à la candidature formulée par le consortium Marocain constitué par l’Université Ibn Zohr, l’Université Sultan Moulay Slimane et l’Université Mohamed VI Polytechnique, le Maroc a pu emporter l’organisation de la 6ème édition de la conférence internationale PAGES “Learning from the past for a sustainable future” sur les changements climatiques.

Organisée chaque quatre ans, la conférence qui  s’est tenue, à distance , du 16 au 20 Mai 2022 avec plus de 600 scientifiques issus des cinq continents,  a servi  de plateforme d’échange sur les avancées les plus récentes dans le domaine des changements climatiques à l’échelle mondiale  constituant des éléments  de réponses pour les objectifs du développement durable comme demandé lors de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable (Rio + 20).

Pendant cette conférence, des échanges entre les différentes communautés scientifiques  se sont concrétisés  pour accroître l’impact de la recherche dans divers contextes, explorer de nouvelles voies de développement et trouver de nouveaux moyens d’accélérer les transitions vers l’atténuation et l’adaptation au changement climatique. Cette édition  a été particulièrement centrée sur l’impact des changements climatiques sur l’homme et son environnement (démographie, économie, énergie. etc.) qui  a nécessité une approche transdisciplinaire incluant les sciences humaines et sociales.

Intervenant lors de cette rencontre scientifique internationale,  Pr M Nabil Hmina , président de l’Université Sultan Moulay Slimane ( USMS ) a d’abord mis l’accent sur l’impact du changement climatique sur «  le bien –être humain et la santé de notre planète « Le changement climatique est une menace pour le bien-être humain et la santé de notre planète. Cela affecte presque tout : (la géopolitique, l’économie et la migration). Elle façonne les villes, l’espérance de vie et la nourriture que nous mangeons. Les derniers rapports spéciaux du GIEC – sur 1,5 degré Celsius, le changement climatique et la terre, et l’océan et la cryosphère – avertissent que le réchauffement climatique accroît la gravité des sécheresses, l’érosion des sols et les incendies des forêts ; il diminue les rendements des cultures sous les tropiques et fait fondre le pergélisol près des pôles. Les événements extrêmes du niveau de la mer qui se produisaient une fois tous les cent ans se produiront au moins une fois par an dans de nombreuses régions du monde d’ici 2050…. » a fait savoir M Hmina tout en ajoutant que « Le Maroc a également accordé la priorité aux questions environnementales dans les programmes de développement – ​​y compris ceux sur l’eau – suivant une approche pionnière et volontariste de mobilisation de nos ressources en eau et de lutte contre les inondations et la sécheresse. Le Maroc a également lancé et mis en œuvre une Initiative nationale pour le développement humain (INDH), en plus des plans stratégiques de développement sectoriels, notamment dans les domaines du développement agricole, de la protection de l’environnement, de l’efficacité énergétique et du développement des énergies renouvelables. ». M le président de l’USMS a enfin mis en exergue les efforts louables déployés par les universités marocaines au niveau des recherches sur le climat « Les universités marocaines comptent une importante communauté de jeunes scientifiques travaillant sur divers aspects de la recherche sur le climat. Ils ont fait des investissements substantiels au cours de la dernière décennie dans le développement de nouveaux laboratoires et programmes de recherche sur le changement global. Nous espérons sincèrement que la 6ème réunion scientifique ouverte PAGES et la 4ème réunion des jeunes scientifiques, qui se déroulent pour la première fois en Afrique, offriront de nombreuses opportunités de réseautage scientifique et de développement de nouvelles collaborations de recherche »

Pour sa part ,Pr Ilham Bouimetarhan, spécialiste océan et climat, Pr à l’UIZ  et Membre du comité de pilotage scientifique du projet ONU Earth a fait savoir que « Sur la vision globale, les 600 participants du monde entier ont sonné l’alarme à l’échelle locale, régionale et globale et ont formulé chacun de son côté et de sa spécialité une recommandation principale: si nous voulons faire quelque chose pour atténuer de manière significative le réchauffement climatique futur, nous devons nous assurer que les calottes glaciaires arctique et antarctique arrêtent de fondre, que la circulation de renversement méridienne de l’Atlantique ne ralentit pas, les récifs coralliens sont sains et la déforestation de la forêt amazonienne s’arrête immédiatement. » Aussi, a-t-elle mis l’accent sur une batterie de mesures à même de promouvoir la résilience des pays africains face au changement climatique « L’Afrique et particulièrement le Maroc sont l’une des régions du monde les plus vulnérables au moindre changement climatique. Accroître la résilience des pays africains face au changement climatique nécessitera un engagement important des scientifiques, des universités et des instituts de recherche africains. Nous devrions mettre plus d’efforts dans la formation de jeunes scientifiques qualifiés et c’est pourquoi nous sommes ici dans cette conférence qui se tiendra pour la première fois en Afrique et nous espérons que le Maroc étant un leader continental dans la prévention du futur réchauffement climatique (énergies renouvelables…etc) poursuivra son rôle de formation des scientifiques et d’amélioration de la collaboration de recherche sud-sud en matière de changement climatique. » a-t-elle ajouté

Au niveau local, cette conférence  a été une nouvelle occasion de montrer que le Maroc fait des changements climatiques un de ses plus grands défis auxquels l’humanité est confrontée. En disposant d’un potentiel important en énergies renouvelables, le Maroc joue et jouera un rôle décisif en matière de neutralité carbone. Cette conférence  a été également l’occasion pour placer la recherche marocaine sur les changements climatiques au niveau international et permettre aux chercheurs marocains d’échanger avec leurs collègues internationaux et de montrer leur ouverture pour les collaborations scientifiques internationales. Elle  a été aussi une occasion de fédérer davantage les institutions et les partenaires nationaux autour de la thématique de l’impact des changements climatiques sur les ressources naturelles dans notre pays. Finalement, en encourageant la participation des scientifiques Africains dans cet événement, notre objectif est d’insérer la recherche africaine dans l’écosystème mondiale de la recherche sur les changements climatiques et leurs impacts.

Les organisateurs (PAGES, USMS, UIZ et UM6P) ont espéré maintenir la conférence en site à Agadir mais en raison de la pandémie mondiale de COVID19 et des incertitudes liées aux restrictions de voyage, ils ont décidé de l’organiser complètement en ligne avec la participation de plus de 600 scientifiques de 40 pays. Le programme de la conférence  s’est réparti entre sessions orales et affiches ainsi que des tables rondes, des ateliers et des sessions plénières animées par des invitées de renommée internationale à savoir le Professeur Jean-Jacques Hublin et Mme la Professeure Pascale Braconnot.

 

© IENA-NEWS de 2022

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